mardi 25 novembre 2008

Le pot de thèse

J'en ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarre !!!! Marre marre marre !
Elle devient insupportable dans les moments de stress, et en ce moment c'en est un bien !

Alors que je croyais être au bord du Nirvana, un coup de massue s'est abattu sur moi. Figurez-vous que l’entreprise qui proposait un job à cette naze a décidé, compte tenu de la crise mondiale, de ne plus lui proposer. Je vous peins le tableau : nous sommes alors début novembre, son contrat de thèse se termine le 19 novembre, son titre de séjour expire le 11 décembre, et elle a déjà dit non depuis longtemps aux autres propositions. Le pied, je vous raconte pas…
Passées les crises de larmes et les chantages au suicide, elle finit par se résigner à trouver un nouveau job. Après avoir remis sa fierté au placard, elle a demandé à l’entreprise où elle a fait son doctorat. Bien évidemment, celle-ci aussi a fermé ses portes depuis, et c’est bien compréhensible.
Heureusement que son directeur de thèse est là pour la sauver car il lui trouve un post-doc d’un an et demi histoire de laisser passer la crise. Je précise que ça se déroule dans une ville située à plus de 500km de la mienne.

Cela nous a fait complètement changer notre fusil d’épaule, et comprenez bien que dans ce contexte, je ne vais pas demander de mutation, comme il était prévu au départ. Je ne sais pas encore si je dois m’en réjouir ou pas, mais je préfère en être content pour le moment.
Notons tout de même que toutes ces pérégrinations lui ont pas mal fait péter les plombs, et du coup à moi aussi. Je la harcèle sans arrêt pour qu’elle entame un suivi psychologique mais elle est irrémédiablement hermétique à l’idée. J’ai donc moi-même entamé un suivi. J’ai vu une infirmière psychologue dans un centre médico-psychologique. Ca m’a fait un bien fou de lui parler ! Elle m’a orienté vers un psychologue du centre, que je vois demain pour la première fois. J’attends ça avec impatience, j’en ai vraiment besoin, je n’en peux plus.

Entretemps, elle a passé sa soutenance de thèse. Un moment haut en sentiments. Je vous explique le contexte : ses parents sont venus la voir pour sa soutenance. Ils habitent à plus de 2000km d’ici et ont fait le voyage en voiture. Ils ont des idées bien arrêtées sur le type de gendre idéal pour leur fille et son père irait jusqu’à la violence si quelque chose le contrariait dans cette voie. Du moins, c’est ce qu’elle me dit. J'ai tout fait pour rentrer dans la case du gendre idéal, mais reste un détail de taille : je ne suis pas de la bonne nation. Donc, jusqu’à présent ils ne me connaissent pas et ne savent même pas que j’existe, mis à part sa mère que j’ai déjà croisée lors d’une première rencontre traumatisante. Notons qu’elle croit quand même que nous ne vivons ni ne couchons ensemble.
Retournons à la soutenance. Je m’occupe d’organiser le pot avec une amie. Je fais donc plus de 500km, en prenant une journée de congé, en plein milieu de semaine, pour aller dormir dans un Etap Hotel pourri qui sent le tabac. Je dépense plus de 400€ pour le pot de thèse, sans compter que je lui offre un pc portable de 600€ comme cadeau de thèse. Je sais je suis fou mais je suis prêt à lui donner tout mon argent pour qu’elle me laisse tranquille.
Le matin de la soutenance, je me planque, je fais tout pour éviter ses parents, avec succès vu qu’ils n’ont pas bougé de la salle de soutenance. Pendant la soutenance, je m’installe au fond. Je pars avant la fin pour préparer le pot. Et même pendant le pot je suis resté un moment dans la cuisine sans que personne, même pas elle, ne pense à venir me chercher. Dans la salle, chacun s’assoie à une table où il connaît quelqu’un. Du coup, tout le monde laisse les parents seuls à leur table. Après un moment d'hésitation, je me suis dit que l'occasion était trop belle. J’ai pris mes couilles à deux mains, je me suis rempli une assiette et je suis allé m’asseoir à leur table, en commençant à parler dans leur langue. Eh oui, j’essaye de l’apprendre depuis plus d’un an. S’en est suivi une longue conversation très enrichissante (en français souvent) avec son père, sur des thèmes de culture très divers. J’ai montré mes connaissances dans leur langue et leur religion, qui est devenu la mienne. Il m’a a-do-ré.
L’histoire ne s’arrête pas là. Il se trouve que leur voiture est en panne, elle ne veut plus démarrer. Leur fille me demande donc de venir avec eux après la soutenance pour aller réparer. Au départ, je devais partir directement après le pot car les 500km du retour m’attendaient et je bosse le lendemain, mais qu’importe j’y vais. On galère pas mal sur leur voiture mais au final on finit par la démarrer. Là, son père, qui me demande où j’habite, se rend compte qu’il m’a mis super en retard pour rentrer. Histoire de ne pas me mettre plus en avance, il me propose de venir prendre un verre de thé. J’accepte. Un peu plus tard je peux enfin partir, et là, au moment de me dire au revoir, il m’envoie tout de go que je suis le bienvenu chez eux avec leur fille quand je veux. Victoire ! Sans le vouloir, j’ai réussi l’approche idéale avec ses parents. Ahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah trop bonheur !!!!

Je la hais.

Voilà pour la parenthèse de la soutenance. Maintenant elle stresse à mort car il faut qu’on déménage. Elle prend un nouvel appartement dans la nouvelle ville, et je prends un nouvel appartement, plus petit, dans l’ancienne ville.
Notons qu'elle a fini de travailler pour la thèse et qu'elle n’a pas commencé son nouveau travail. Elle est donc libre pour tout organiser. Mais non, à votre avis, qui passe tous les coups de fil où il faut attendre des heures au téléphone pour avoir quelqu’un ? C’est bibi, pendant ses heures de travail ! Du coup je n’ai plus le temps de faire mon boulot et ça me stresse à mort ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah fait chier !
Quand je lui fais le reproche, elle me dit que ce que je fais c’est juste appliquer une organisation qu’elle passe des heures à mettre en place. Une autre manière de me dire que je ne suis qu’un gros con incapable de rien faire correctement et juste bon à faire les basses besognes. D’ailleurs elle me le dit souvent en ce moment. Dès que je fais une proposition elle la réfute. Et c’est vrai après coup, que c’est con ce que je dis, très souvent. Trop souvent. Je suis con. C’est dur d’être moins con.

En plus d’en plus d’en plus de tout ça, la semaine dernière elle a eu ses règles. Enfin j’ai réussi à la faire aller chez le médecin pour ses règles douloureuses mais cet incapable n’a pas été fichu de lui donner un truc balèze pour la calmer. Résultat elle m’a fait chier à mort, mais au fond, quand on y regarde de près, ça ne changeait pas vraiment de d’habitude. Alors ce coup des règles, mon cul oui ! J’ai connu bien des filles dont ça ne changeait pas l’humeur alors qu’elle arrête de justifier avec ça le quart des semaines de l’année qu’elle passe à m’engueuler, parce qu’il reste quand même trois quarts sans justification particulière.

Je tiens aussi à préciser qu’en ce moment je paye tout et que je pioche allègrement dans mes comptes d’épargne. Ca va, ça pourrait être pire, mais j’ai regardé aujourd’hui. Il me reste 3000€ environ tout compris. Il lui reste plus de 8000€ !!! Ah la conne alors qu’elle pleure pour dire qu’elle a plus un rond. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah la conne la conne la conne !!!! Je savais que je n’aurais pas dû regarder ça…

Pour ajouter au masochisme ambiant, ce soir je vais aller tester un cours de sa langue qui a ouvert dans ma ville. Je suis vraiment trop con.

J’ai envie de pleurer.

Et vous, comment ça va ?

lundi 13 octobre 2008

Le début de la fin

Hier j'ai jeté les bases du "je t'aime mais je n'en peux plus". Le matin, elle s'est énervé, une première fois, parce qu'elle n'arrivait pas à se connecter à un site. Quand j'ai voulu l'aider elle s'est énervé une deuxième fois alors que j'essayais de l'aider. Elle a fini par s'énerver une troisième fois quand je lui ai demandé de ne pas s'énerver.

Au final elle m'a fait la gueule toute la journée. Le soir elle m'a demandé des explications sur ma distance de la journée, alors que oui, vous avez bien lu, ELLE m'a fait la gueule toute la journée.
Nous nous sommes pas mal expliqué et elle a toujours nié s'être énervé en premier et m'a reproché de la faire passer pour une folle.
Je lui ai alors dit droit dans les yeux qu'il y a visiblement une différence de perception de la réalité entre nous deux, que je l'accepte mais que je ne peux pas vivre avec car cela me rend fou. Elle a alors tout à fait accepté et m'a dit qu'il n'y a pas de problème si je la quitte pour ça, qu'elle a essayé de me retenir une fois déjà mais que là elle ne fera pas de crise d'hystérie. A d'autres...

En tout cas c'était une sacrée avancée. La suite au prochain numéro.

mercredi 10 septembre 2008

Le changement de vision

Ces jours-ci, ça va mieux. Il faut dire que je suis en déplacement, donc loin de la maison et de ses contrariétés. C'est du 100% boulot, avec en plus des collègues qui sont quasiment des potes, donc c'est la fête ! Ce soir nous irons peut-être même au stade de France voir les serbes gagner le match de leur vie. C'est vous dire si je me sens bien avec eux, les potes, car moi, aller voir un match de foot dans un stade, jamais je ne m'en serais cru capable !

Si ça va mieux, c'est également suite à une émission de radio. Lors de mon déplacement, j'ai entendu sur France Inter, au Fou du Roi, Daniele Evenou parler de sa relation avec Jacques Martin. C'est une référence qui en fera rigoler plus d'un de suffisance et de supériorité, moi le premier, mais n'oublions pas que cette relation nous a donné Frédéric Martin, et ça, ce n'est pas rien.
Bref, elle racontait comment elle l'a quitté, un jour, en "claquant la porte", après plusieurs fausses séparations. Elle disait texto qu'elle l'aimait profondément mais qu'il était absolument invivable. J'ai alors tout de suite fait le rapprochement avec ma relation et me suis rendu compte que c'est possible d'aimer quelqu'un sans pour autant supporter de vivre avec. Tout d'un coup, deux parties en moi ce sont réconciliées : celle qui me fait culpabiliser de la haïr à ce point là et celle qui me pousse sans arrêt à la quitter. Mais oui, tu peux l'aimer sans pour autant vouloir vivre avec elle, et ce n'est pas un rejet total que de vouloir la quitter.
Le souci vient ensuite quand je me dis que ce serait un concept beaucoup trop éloigné de son mode de penser pour réussir à lui expliquer. Je n'aurai même pas le temps de finir ma phrase qu'elle aurait déjà explosé et pété les plombs sans possibilité de retour.

Sur ce, je retourne sur la ligne. Banzaï !

vendredi 5 septembre 2008

La mort

Je n'en peux plus. Elle a réussi à ne pas me faire partir. Elle a l'art de redevenir de bonne humeur pile au bon moment.

Ce week-end était horrible. Le samedi soir, en plein milieu du week-end, nous venions de visiter la campagne picarde où elle doit aller travailler. J'avais besoin que ça ne craque pas car le lendemain nous allions à la réunion familiale annuelle, l'anniversaire de mon oncle, où je ne voulais pas d'esclandre. Rappelons à nos amis lecteurs et lectrices de charme que ce genre de chose est déjà arrivé. En plein milieu d'un ancien anniversaire, alors que je faisais une blague que les jeux de cartes et son niveau de débutante, j'ai dû subir un courroux sans limite, immédiat, devant tout le monde. Je n'avais que le droit de la fermer. Je veux bien admettre que ma blague pouvait blesser mais de là à ne pas se contrôler et à m'humilier devant ma famille...

Bref, pour en revenir au samedi soir, c'est là qu'elle décide de craquer complètement. Nous venions d'arriver à la gare du Nord pour rendre notre voiture de location, après avoir passé une heure dans les bouchons juste pour traverser la ligne 2. Je mettais du temps à sortir de la voiture car je rassemblais tous les éléments. Elle me l'a fait remarquer vivement. Comme je devais mettre pas mal de choses dans mon manteau, je l'ai mis sur moi, c'est plus facile. Elle m'a alors engueuler parce que je mets mon manteau alors qu'il faisait 30°C dehors. Pas un instant elle n'a voulu comprendre mes explications sur le côté pratique de la chose. "Tu peux bien le remplir sans le mettre." ... Ne nous énervons pas...

En sortant nous prenons le métro pour aller à République. Il fallait récupérer des places de théâtre à la Fnac pour le soir même. Tout ça parce que cette faignasse, qui avait eu deux jours de congé dans la semaine, n'était pas allé se bouger le cul à la Fnac de Metz pour les récupérer. J'avais proposer d'aller à la Fnac des Halles mais madame ne supporte pas les Halles et ses odeurs de sueurs des gens. Je la comprends, mais là ça fait quand même beaucoup. Je me dis alors peut-être qu'il y a une Fnac à République, et comme c'est là qu'est le théâtre ce sera plus simple. Nous subissons trois stations de métro avec plein de gens qui suent. Le calvaire pour elle. Nous sortons et ô surprise, pas de Fnac ! Après moult engueulades, je propose de pousser jusqu'à Bastille où là je suis sûr de mon coup. Elle accepte mais ne veut pas descendre dans le métro, et encore moins monter dans un bus. Nous y allons donc... à pied ! Une longue marche sans rien dire, en se tirant une belle gueule mutuelle.

Arrivé à Bastille, hop on file, elle retire les places, me les donne, et elle sort sans m'attendre. Sortie, elle continue à marcher sans but et va s'asseoir sur un banc. Je m'assied à côté. Puis elle se lève et c'est l'apothéose de l'engueulade où elle me dit qu'elle en a assez, que je ne suis qu'un égoïste qui la traite mal. Je suis prêt à tout assumer et à la quitte mais je ne peux pas parce qu'on est au milieu du week-end et que je ne veux pas mettre à l'eau l'anniversaire de mon oncle. Je finis donc par prendre sur moi et l'a convainc de prendre un verre sur le bar le plus cher de la place ! Ouille pour mes fesses.
Ensuite nous remontons à République. En métro ! Victoire !
Là nous allons dîner au Léon de Bruxelles. A nouveau pour mes fesses.
Puis nous allons au spectacle. Très bon, ça m'a bien changé les idées. "Pour ceux qui restent", au Théâtre le Temple, une pièce de Pascal Elbé reprise par une bande de jeunes acteurs. Très prometteurs ! Et puis au passage j'ai vu Mustapha El Atrassi à l'entrée du théâtre, et ça c'est la classe.

Après cette déferlante de bonheur elle allait mieux. Ouf ! Nous sommes rentrés et le lendemain avons passé une journée quasi normale. Et évidemment à la fin du week-end tout cela était oublié et je ne pouvais pas y revenir. Fait chier !

Depuis, je déprime beaucoup et je me réveille la nuit. Qui plus est, depuis lundi c'est le ramadan. Quelle horreur. Tout cela me donne envie de mourir. D'ailleurs je le dis quand je pars dans mes pensées, au paroxysme du cauchemar, je sors "J'ai envie de mourir." Et ce matin, ça l'a fait craquer comme jamais. Ahahahahah !

Le pire, c'est que c'est vrai. J'en ai envie.

Ciao les p'tits loups.

mardi 26 août 2008

La colère

Petite note en aparté : hier elle m'a reproché de ne pas savoir gérer ma colère parce que j'ai envoyé dix messages consécutifs à un fournisseur qui ne me répondait pas. Je l'admets, j'ai été excessif avec ce pauvre fournisseur qui ne faisait que planter mon projet en beauté. Tout cela est vrai et je le prends au sérieux, mais venant de sa part, je trouve ça gonflé. Presque aussi gonflé que ses cuisses de cellulite !

Le ciné

Nous sommes hier soir. J'écris furtivement pour marquer ce qui vient de se passer. Tout est calme dans la maison. Il est 22h. Voici les faits.

En sortant du boulot, nous sommes allés au ciné. Une très bonne idée de sa part pour nous changer les idées. Elle a fait la gueule pendant tout le film, excepté vers la fin quand j'ai enfin réussi à la dérider par mes caresses et mes attentions. Quel calvaire !
Après le film, à peine sortis, je me dis que je vais lui proposer d'aller prendre une pizza (à la maison, c'est le plat prévu ce soir) ou alors je l'emmène au magdo si l'envie lui prend. Elle y pense souvent ces derniers temps. Envolée sa répulsion pour tout ce qui fait grossir.
Et là, gueule immense de sa part ! Ca ne vous rappelle rien ? Mais si, vous savez, sa faculté à basculer du côté obscur, décrite dans le billet sur la guerre datant du 19 février 2008.

A partir de là elle n'a pas décroché un mot de la soirée. J'ai fait la pizza que nous avons mangé devant un navet-western. Je comptais les secondes, impressionné par sa compétence en tirage de tronche, sans frémir. Jamais je n'atteindrais un tel niveau. A la fin du repas, j'ai enfin su la raison. Elle trouvait ça trop nul de ma part d'avoir proposé une pizza ou un magdo, comme si elle n'était qu'une gonzesse qu'on emmène manger ce genre de choses. Comme dans la guerre, tout tourne autour d'une fausse erreur culinaire.

Sachez cependant qu'ici j'ai réussi à connaître la vraie raison. Elle est assez évidente, il s'agit de notre conversation tronquée la veille au soir, mais j'ai quand même réussi à le lui faire avouer. Ce qui nous a permis d'embrayer en continuant ladite conversation. Engueulade en chaîne, moi qui garde mon calme, elle qui campe sur ses positions. Vous savez, dans ces moments là je me rappelle toujours La Zizanie, l'album d'Astérix, où les personnages se mettent à parler avec des bulles de plus en plus verte. C'est un peu ça.

Elle finit par s'éloigner sur le canapé et je reste impassible, à table. Elle me regarde. Le rythme de la conversation a beaucoup ralenti. C'est du jeu de fond de cours. Une phrase fuse, chargée de sens, et l'autre renvoit quelques minutes plus tard. C'est travaillé, ciselé, j'apprécie malgré tout.

Après un long silence, je viens tout proche sur le canapé. Elle fond en larmes dans mes bras.
Puis nous avons poursuivi la conversation. Ben tiens, c'était trop beau, elle ne perd pas le Nord le gueuse ! Elle me dit que je l'aime comme une sœur ou une amie et qu'il manque quelque chose en plus. Je l'avoue, ces derniers temps c'est vrai. Je n'ai pas été aussi bon que d'habitude.

Elle dit que si nous sommes l'un pour l'autre les personnes de nos vies, alors nous aimer ne doit pas être un problème, y compris point de vue sexe.

Là, je rassemble tout le calme qu'il peut y avoir en moi pour asséner le coup fatidique, le smash final, car elle vient juste de me lever la balle.

Je dis que pour moi, c'est l'inverse. Je dis que deux personnes ne peuvent être décrétées unies pour la vie de prime abord et que cette dénomination ne peut être que le fruit d'un amour entier et parfait. Or là je ne vois les éléments rassemblé pour dire cela.

Et là, elle s'est enfermé dans son rôle pour mieux se protéger et m'a fait une prestation du tonnerre. Elle a joué la surprise et s'est levé illico prétextant qu'après avoir entendu ça elle devait aller au lit tellement elle était pénétrée par une grosse fatigue.

Me voilà donc seul sur le canapé, sans bruit dans la maison, et sans même savoir si j'ai un pass pour accéder à mon lit. Pour me remettre de mes émotions et me changer les idées, je zappe et fais quelques mots croisés. Dans un premier temps je me dis que je dois rester éveillé, car je la connais. A tout instant elle peut se relever et venir me causer, et il faut que je sois au top de ma forme pour lui répondre comme il faut. Mais, après un moment, exténué, et comme j'ai une réunion important devant un client le lendemain, je me mets en pyjama et la rejoins au lit. Je m'endors, puis me fait réveiller par elle une heure après. Elle me vire du lit, ce dont je ne me fais pas prier. Je me retrouve sur le lit de la chambre d'ami. Sans drap, sans couverture, mais j'ai ma robe de chambre et il y a un oreiller. Ca ira. Mais c'est sans compter qu'elle va jusqu'à se lever et venir me parler, m'envoyant une tonne de reproches à la figure. Et là je suis content d'avoir tous mes esprits car je lui réponds du tac au tac et ça marche ! Après un court instant, elle retourne au lit et me voilà peinard pour le restant de la nuit. Il est 1h du matin, je me réveille dans cinq heures...

Le lendemain matin, je pars sans qu'elle ne se réveille. Ouf ! Après s'ensuis le schéma habituel. Bien qu'elle sache que je passe la frontière et que donc le téléphone coûte super cher, elle essaye de m'appeler. Je ne réponds pas, évidemment.
Ensuite elle m'envoie un mail pour me dire qu'elle ne me rappellera plus et qu'elle m'a envoyé un sms. Au passage, remarquons que c'est ce jour que choisissent les sms pour ne pas fonctionner !
Tout cela ne l'a pas empêché de me rappeler à 16h30, à mon retour au boulot, pour savoir quand je rentre. Oui parce que fait exprès elle avait pris une RTT aujourd'hui, journée gâchée parce qu'à cause de son état elle n'a pas pu faire grand chose. Je lui dis alors que je compte rentrer vers les 17h30/18h et elle me raccroche limite au nez en me reprochant d'avoir un boulot plus important qu'elle, le tout par une phrase dont elle seule a le secret et que je ne pourrais même pas transcrire ici. Et là elle essaye encore de m'appeler de manière harcelante en appelant en même temps avec son portable sur mon fixe au bureau, et avec le fixe de la maison sur mon portable. Eh oui, c'est intelligent puisque le fixe de la maison apparaît en anonyme.

Et maintenant je dois rentrer et ça me fait bien chier ! Priez pour moi mon dieu car elle va me faire chier à mort, tout ça pour me faire culpabiliser pour que je reste avec elle, et ça va pas être de la tarte parce que si j'arrive enfin à me débarasser d'elle, elle va me le faire payer à mort. Je ne sais pas comment, mais je vais le payer cher, et c'est d'ailleurs ça qui m'a retenu pendant trois ans. Je ne peux pas le retenir plus longtemps, il faut l'affronter maintenant.

A l'aventure, compagnon...

Le sexe

Mon dieu, mon dieu, mon dieu, que de temps depuis le dernier billet !
Et pourtant, rien n'a changé, tout a continué, yéyééé !

Hier soir c'était pas mal parti. En fait, bonne nouvelle, elle vient tout juste de finir la rédaction de sa thèse. Quelle surprise, la voilà qui me propose de s'occuper de la soirée (sous-entendu, du dîner) pour que je puisse travailler. Enfin après plusieurs mois de stress à me demander comment je vais gérer au boulot, j'ai de nouveau le droit de travailler à la maison. Oh de lali !
Vous connaissez bien votre auteur à présent et savez que dans son égoïsme infini il n'a pas hésité une seule seconde à sauter sur l'occasion. C'était trop beau. Elle a fini allongée sur le canapé à me ressortir de vieux dossiers :

- Le premier n'existe pas. Le week-end prochain nous allons à l'anniversaire de mon oncle, grand rendez-vous familial annuel. Elle m'a dit n'y être allé que deux fois en trois ans et que je n'avais pas voulu l'emmener la première fois. Ce qu'elle oublie, la peste, c'est que la première année nous n'avons pas pu y aller pour des raisons d'emploi du temps. Mais bon, je ne me suis pas lancé dans des explications pour renverser la vapeur, j'avais une présentation PowerPoint à finir !

- Le second existe bel et bien, et c'est même le tout premier ! C'est vous dire s'il y a prescription. Il s'agit du déménagement de madame de Nancy à Saint Etienne quand elle a démarré sa thèse, en septembre 2005. A l'époque nous étions ensemble depuis moins d'un mois. J'avais prévu de passer ce week-end là à Angers avec mon meilleur ami, pas vu depuis un an. C'était un week-end prévu trois mois à l'avance et qui n'allait pas se produire à nouveau avant un moment. D'ailleurs, depuis il n'y en a pas eu. Bref, tout ça pour dire que je ne me voyais pas balancer ce projet pour aider un déménagement d'une personne avec qui je sortais à peine et surtout avec qui je le sentais déjà mal. Sans oublier que j'ai proposé de décaler le déménagement d'une semaine, vu qu'elle pouvait maintenant habiter chez moi le temps de la semaine avant d'être définitivement installée à Saint Etienne. Que nenni. Bref, la voilà qui fait ce déménagement avec pour toute aide... son ex ! Le seul, l'unique, celui qu'elle vient de larguer pour moi. Bien sûr, il ne s'est pas privé de lui faire remarquer que lui l'aide et pas moi. Je ne l'en blâme pas, je comprends ce que c'est et j'aimerais vraiment le rencontrer un jour cet homme là. Il l'a quand même supportée pendant plus de 4 ans, je respecte. Et voilà qu'elle me ressort ça sur le canapé comme si c'était hier. Elle n'aurait pas pu se trouver des amis pour l'aider, cette pimbêche ?!
Mais non, elle n'est pas quelqu'un à avoir des amis. Elle préfère se fâcher avec eux plutôt que d'accepter leurs défauts comme tout le monde fait. Et maintenant vous savez ce qu'elle me sort ? Qu'elle stresse pour son futur déménagement dans l'Oise parce qu'elle n'a pas d'amis pour l'aider. Mais t'aurais pas pu en trouver pendant ces trois ans, des amis, plutôt que de t'acharner à virer tous les miens ?! Moi-même je ne sais pas quel ami pourrait venir nous aider maintenant qu'elle a fait le ménage. Heureusement, elle va essayer de se le faire payer par sa nouvelle boîte.

Après cette avant-première sur le canapé nous sommes allés au lit. J'ai commencé à lire et elle s'est tourné dans son coin pour pleurer. Quand je suis allé vers elle, elle s'est plaint que je ne la touche plus, que je n'ai plus envie d'elle. Ben tiens, vous auriez envie de quelqu'un qui vous fait vivre un tel calvaire ? Mais ça je ne peux pas lui dire comme ça, elle n'entendrait pas et me renverrait direct tout en pleine figure. Alors j'y vais pas à pas, c'est ma technique en ce moment. Et on en arrive à parler de sexe. J'essaye de lui faire comprendre que la manière dont on fait l'amour ne me plaît pas, et aussi qu'elle arrête d'utiliser le mot "câlin" quand elle veut faire l'amour. Il n'y a rien de plus ambigu que ce terme. Qu'est-ce que ça veut dire "je veux des câlins" ? Jusqu'à quel niveau elle en veut ? Des fois, c'est un peu, des fois, c'est beaucoup. Comment je m'en sors ? Alors je lui demande d'employer un autre terme et jamais elle n'a compris ce que je voulais dire. Elle a juste vu en moi quelqu'un de dégoûtant. Je le reconnais, c'est mieux de parler des choses avec romantismes, en prenant des chemins détournés, mais bon sang avec précision et clareté !
Encore une fois, elle n'a pas arrêté de mal me parler, tentant sans arrêt de me faire passer pour le coupable et elle la victime. Je veux bien le croire en un sens, puisque je fais maintenant attention aux caresses que je distribue, vu que je n'en reçois pas. D'ailleurs, depuis quelques temps ça a un effet bénéfique car j'en reçois plus qu'avant. Pas plus tard que samedi matin elle m'a fait un mini massage dans le lit au réveil. Ca m'a détendu à mort et je commençais à me rendormir quand elle me demande "Et moi tu ne me fais pas de câlins ?" Ah mais neuhneuh tu penses bien qu'après m'avoir endormi je ne vais pas te faire de câlins, et encore moins ceux auxquels tu penses, perverses ! Et puis est-ce que je te demande des câlins quand je t'en fais ? Non ! Quand j'en ai envie, je les provoque, je te séduis, je vais te chercher. Quand était-ce la dernière fois que tu es venue me chercher ? Je ne sais plus, il y a sûrement plus d'un an.

Voilà, tout ça pour finir par s'endormir chacun de son côté en faisant la gueule. Je hais cette femme.

Le plus cynique dans tout ça est de penser que nous ne l'avons pas fait depuis deux mois, qu'avant cela nous ne l'avions pas fait pendant six mois, et que ça va durer encore au moins un mois vu que l'on attaque le ramadan lundi prochain.
Heureusement, en septembre, je vais passer deux semaines loin d'elle pour des essais sur ligne dans la banlieue parisienne. Ah quel bonheur, j'ai choisi un hôtel avec sauna et centre de massage. Je vois l'avenir avec sérénité quand je pense à ça. Ah le boulot, comme je t'aime.